Chroniques d'un reporter au coeur du Tour de France

22 juillet 2017

Merci

 

IL n'y aura plus d'articles sur ce Blog. Le Tour se termine. Je suis à Marseille et le dernier papier vient d'être envoyé. Il est sur Bardet évidemment et ce soulagement de le voir conserver son podium pour une seconde. C'est si fragile le sport et cette seconde représente à peine 11 mètres sur 3437 kilomètres. Fragile mais beau.

Je suis fatigué mais super heureux. Le train va me ramener sur Paris. Une dernière étape sur les Champs et ce sera le moment de lâcher le guidon. C'était génial. J'ai pris aussi du plaisir à me lancer dans cet exercice egocentrique du blog. Merci d'avoir lu, d'avoir envoyé des commentaires et pour certains, je l'espère, de ne pas avoir détesté.

Il me reste cinq mots pour conclure. Les voila

Je reviendrai sur le Tour

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18 juillet 2017

Croire en Bardet

- «J'ai envie d'y croire»

- «Tu peux cette fois».

Ces deux phrases, et surtout ces deux derniers mots, je les ai échangées avec un patron d'une équipe française à propos du dopage.

Tous ceux qui ont aimé le vélo se sont sentis plus ou moins cocus un jour. A la question "Vous êtes vous déjà dopé?", un ancien grand champion m'avait dit un jour : «Je n'ai jamais été contrôlé positif» au lieu de «je ne me suis jamais dopé». Comme un type soupçonné d'adultère et qui dit, pour se défendre, que sa femme ne l'a jamais surpris en flagrant-délit...

Moi mon cocufiage ne vient pas des années Lance Armstrong où la saloperie et le cynisme crevaient l'écran. Lorsque le septuple non-vainqueur ouvrait les portes du marché américain au cyclisme, on tournait les yeux de l'autre coté.

C'est plutôt vers 2011 que je retrouve l'impression d'avoir été pris pour un naïf. Je les entends les beaux discours qu'on me tenait alors : «Viens visiter les chambres des coureurs, tu verras qu'on n'a rien à cacher». Le vilain mot de «corticoïdes» n'était pas encore arrivé à mes oreilles...

Mais cette fois, loin d'un Alain Souchon parlant il y a trois jours d'un cyclisme qui fait «mourrir à cinquante ans», j'ai envie de croire en Bardet.

Objectivement, le mec est d'une intelligence supérieure à la moyenne et pas dévoré par l'envie de vivre jaune et mourrir jeune. La gloire lui fait peur. Il souffre sur le vélo et dit que parfois, il n'arrive pas à attaquer. Il a une progression linéaire et logique. Et il n'arrive pas à acquérir ce supplément de puissance physique necessaire dans les contre-la-montre car son corps le lui refuse. Sauf à contourner les obstacles de la nature. Il reste un grimpeur frêle qui s'envole dans les coups de vent.

Alors voila, j'ai envie d'y croire. Parce que je crois profondemment, viscéralement, qu'il n'y a pas que dans les films que les gentils gagnent à la fin.

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17 juillet 2017

J'aurais tant aimé...

Parcourir les routes du Tour après la caravane mais devant les coureurs, c'est ne jamais garder ses mains dans les poches. Alors qu'on roule sur un ruban de sourires, il y a toujours, tous les vingt mètres, une personne qui agite la main pour saluer. Alors, on repond. On ne s'est jamais vu mais on se connait. Eux, ils sont contents de voir les suiveurs. Et toi, t'es flatté d'être envié. La Grande Boucle est bouclée.

Et ils sont tellement différents. C'est la petite grand-mère assise sa chaise de camping en toile. C'est le groupe de copains légèrement saouls et qui tendent un verre devant la vitre. C'est le monsieur qui exhibe une bedaine rassurante pour ceux qui en ont une moins inquiétante (je me comprend). Et puis, il y a mes préférés. Les gosses. Pour eux, pas question de baisser les yeux une seconde pour regarder son portable. Ils sont tellement contents. Moi aussi. Entre gamins, on se comprend bien. L'espace d'un demi-instant, je vois un sourire et une étincelle dans le regard. Et dans le retroviseur, parfois un sautillement. Evidemment, ils m'auront tous oublié dans dix secondes.

Ils sont envieux des gens qui passent et ils ne savent pas qu'ils ont réussi là où j'ai échoué : je n'ai jamais vu passer le Tour de France avant d'être au milieu.

En 1978, le Tour passait dans les Hautes-Pyrénées. Mes parents, pas exactement branchés vélo, avaient pourtant décidé qu'on irait le voir. Mais ils s'étaient trompés dans les horaires et je n'avais même pas aperçu la voiture balai. Quelques jours plus tard, j'ai appris que Bernard Hinault avait remporté son premier Tour. Depuis, j'ai pris ma revanche sur mon retard : hier, j'ai rappelé Hinault pour un témoignage sur Romain Bardet. Mais, au fond, je sais bien qu'un tutoiement par telephone ne remplace pas un bord de route des Pyrénées.

Mais pour exprimer le plus beau regret, celui qui me saisit à chaque fois que j'agite ma main, il faut s'inspirer du grand Antoine Blondin, l'écrivain du Tour. Comme il l'avait presque dit en arrivant sur son premier Tour : "j'aurais tant aimé me voir passer".

 

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12 juillet 2017

La mémoire du fleuve

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C'est une route que je n'ai plus empruntée depuis plus de vingt-cinq ans. Je n'ai même jamais conduit dessus. Et me revoilà ce matin. Et tout le monde me regarde passer. Je suis sur une moto du Tour de France, en pleine étape. Je ressens une joie presque violente de passer au milieu du public et à coté des coureurs. De frôler leur souffrance, de témoigner, pour certains, de leur douleur après une chute et de leur courage à remonter en selle. C'est un bonheur quasi oppressant d'être au coeur de la plus grande course cycliste du monde.

Mais à la fin d'une longue ligne droite, au bout de deux heures, le pilote a accéléré et je lui ai demandé de ralentir : je venais d'arriver à un rendez-vous et je ne le savais pas. Mon passé m'attendait sur un pont. En bas, c'était le Rhône et l'endroit exact d'une partie de pêche avec mon grand-père il y a plus de trente ans. Tout m'est revenu devant la visière. J'avais emmêlé ma ligne et c'est lui qui me l'avait réparée. Il avait mis un peu de temps pour cela. Puis, au bout de sa patience, avait murmuré «souviens-toi». Deux mots qui avaient glissés sur mon adolescence et ne revenaient qu'aujourd'hui alors qu'un casque de moto cache mes cheveux gris.

Les coureurs du Tour n'ont pas respecté la mémoire du fleuve et ont continué leur route.  Je les ai vus jeter, au fil du parcours, leurs bidons vides dans les fossés pendant que des gamins se jetaient dessus pour les récupérer et s'en faire des souvenirs. J'avais laissé les miens au-dessus d'un pont. Oui Papy je me souviens. Tu vois, je ne me suis pas arrêté parce que je suis grand maintenant et que j'ai un beau métier. Mais oui je me souviens. Je ne viens jamais au cimetière mais prend cette balade entre les vélos comme un bouquet de fleurs.

Je te laisse. La course file comme la vie. On doit rattraper les échappés. On rattrape toujours ceux qui s'en vont même des années après.

Puis mes yeux se sont embrouillés un peu. Cela devait être à cause de la vitesse.

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11 juillet 2017

Les chiens aboient

Cet article pour le blog est garanti sans hallucinogènes. Les contrôles de stupéfiants et d'alcoolémie se sont révélés negatifs. Pourtant, j'ai bien commencé ma journée en passant devant une bouteille d'eau géante avant de saluer Henri IV vantant les mérites du Béarn.

Dans la foulée, il m'a fallu slalomer entre d'immenses baguettes de pain deux fois plus grandes que moi, une énorme bulle de savon. Me voilà devant une vache broutant son herbe et un immense chien Boxer de trois mètres de hauteur.

Si je cherche de quoi noter, pas de problèmes, un stylo à bille faramineux se dresse devant moi.

Il faudra que je dise à ce gros agneau que devant moi, arrivent les fraises Tagada de cinquante centimètres chacunes. Le temps de doubler les oranges et me voila face à l'immense Lion en peluche. Il peut sourire celui-là vu qu'il fait trois fois ma taille.

Vous n'y comprenez rien ? C'est normal. Vous n'étiez pas sur la route en train de doubler la caravane du Tour et ses drôles de véhicules.

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10 juillet 2017

Et, soudain, devant nous, un cycliste à terre

Au moment d'enfourcher la moto au pied du lac de Nantua, je n'avais qu'une crainte : subir l'orage de grêle annoncé au-dessus du col de la Biche soixante kilomètres plus loin. C'est pourtant sec et, heureusement, entier que j'ai posé le pied à Chambéry cinq heures plus tard. En revanche, j'ai reçu ma dose d'images violentes, mêlées de sang et de douleur.

Lors des premiers kilomètres, une quarantaine d'hommes lancent la première offensive. Philippe, le pilote, décide de suivre leurs roues et laisser le peloton derrière nous. Une longue accélération au milieu d'un public, agitant des milliers de drapeaux jaunes offerts par le département de l'Ain, et nous voilà derrière les échappés. 

Dans la descente de la Côte de Franclens, la chaussée est humide. D'un coup, Eduardo Sepulveda, l'Argentin de Fortuneo apparait devant nous, le bras en sang. Un mecano s'occupe de lui. Pas le temps de s'arrêter. Dans le difficile col de la Biche, une averse nous tombe dessus. Dans la descente, au kilomètre 78, au milieu d'une ligne droite dépourvue de public que le pilote négocie à 90km/h, une silhouette sur le bas coté virage nous oblige à freiner. Devant nous, Jesus Herrada (Movistar) est à terre. Il se tient la tête et saigne d'une cuisse. Son équipe s'occupe de lui. Frissons. Radio Tour annonce son abandon avant de démentir quelques minutes plus tard. Mais imaginer la violence de sa chute me donne envie d'arrêter. Pourtant, le courage des coureurs est tellement plus respectable que les petites craintes d'un suiveur.

Juste avant l'ascension du Grand Colombier, nous accompagnons du regard le chemin de croix du Kazakh Alexei Lutsenko. Maillot déchiré et épaule en sang, il souffre seul. Les caméras sont loin et les mots sont inutiles. La fin de l'étape approche. Il faut passer devant les hommes de tête et plonger dans la descente du Mont du chat. Pendant des centaines de mètres, on ne voit pas un seul spectateur. Le danger aime la discrétion. Dix minutes après notre passage, on apprend qu'il vient de pieger Dan Martin et Richie Porte. Parfois dans un article, il faut savoir trouver la chute. Cette fois, il y en avait trop.

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07 juillet 2017

On a faim!

 

Avis à Emmanuel Macron : La France est en plus mauvais état qu'il ne le pense. Même les riches ont faim et sont prêts à faire la queue pour un simple morceau de fromage posée sur une tranche de pain.

 

Pourtant, il sont bien habillés et tellement contents d'arborer le petit bracelet jaune qui sépare l'élite du petit peuple. Il suffit de se rendre tous les jours au Village départ, posé à quelques dizaines de mètres de la ligne. Ici, des sociétés ont installé des stands où les hôtesses souriantes proposent des boissons ou des petits fours. Sans oublier les spécialités locales.

 

Chaque jour, je reste sans voix (ce qui est rarissime pour un bavard) devant l'incongruïté des scènes. A croire que tout le monde a jeûné depuis deux jours dans l'attente du Tour. En même temps, une fois qu'on pioché dans la boite à Haribo, ouvert une madeleine sous cellophane et, compris ce qui différencie un Senseo d'un vrai café, on est blindé devant le spectacle.

 

Alors, je quitte le Village et retourne dans la vraie vie. Les gens. Mais c'est le moment où démarre la Caravane publicitaire avec ses jets discontinus de Goodies («petits cadeaux» c'est d'un plouc non ?). Et là, désolé Monsieur le Président Macron, mais c'est pire que ce que je pensais. A chaque jet de bobs Krys, de Madeleines St Michel, de sacs McCain ou de dosettes de lessise, chacun se jette à terre, bouscule les autres et récupère avec avidité l'obole. Comme des poules devant les grains.

Ce matin-là, un monsieur en marcel rouge qui allait bien au teint de son visagea manqué de me faire tomber pour récupérer un porte-clé. Bon, vu qu'il ne lira pas ce blog, je peux bien l'avouer : à cet instant, mon pied droit s'est lègérement avancé pour le faire tomber («Y a pas faute Monsieur l'arbitre, je jouais le ballon»). Et c'est moi qui ai récupéré le porte-clé. Je l'ai filé à un gamin dans la foulée. Il avait un regard intelligent. Peut-être qu'il fera de bonnes études pour, dans 20 ou 30 ans, avoir le droit d'aller au village départ manger sa tartine de fromage.

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06 juillet 2017

Aru ne marche plus jamais seul

La Planche des Belles Filles (Haute-Saône)

De l'un de nos envoyés spéciaux.

Si les anges existent, alors l'un d'eux a prêté ses ailes à Fabio Aru hier. Et on connait son nom : Michele Scarponi. Car, pour s'imposer dans l'étouffante ascension de la Planche des Belles Filles, Aru a puisé sa force dans une peine débutée le 22 avril dernier. Ce jour-là, son coéquipier et ami d'Astana, Michele Scarponi a été tué dans un accident de la route lors d'une sortie d'entraînement.

Quelques jours plus tôt, lors d'un stage en Sierra Nevada, Aru avait demandé à Scarponi de lui prêter son maillot pour essayer sa taille. Après le drame, le Sarde a décidé de porter le deuil à sa façon. En courant toujours avec la tunique du défunt. Pour le sentir au plus près du coeur. C'est avec le maillot de Scarponi que Aru a remporté le championnat d'Italie le mois dernier. Son premier succès depuis plus d'un an. Le lendemain de sa victoire, Aru est allé rendre le maillot à la veuve et aux deux petits jumeaux de Scarponi.

Depuis un an, le monde du vélo se posait des questions sur Aru. En 2015, il avait remporté le Tour d'Espagne et terminé deuxième du Tour d'Italie. Mais l'année suivante, à l'exception d'une étape dans le Critérium du Dauphiné, sa saison avait été médiocre. Il avait notamment sombré lors de l'avant dernière étape du Tour de France. «Un coup de couteau, racontait-il hier et je m'étais promis que je reviendrais.» 

Il voulait pourtant courir le Giro qui démarrait de sa Sardaigne natale. Mais une vilaine chute, à cause d'un boyau éclaté, lors du stage de preparation en Espagne, a eu raison de ses ambitions. Seuls mes proches savent ce que j'ai vécu à ce moment-là, explique-t-il. Je me suis alors concentré sur le Tour. Et maintenant, je suis prêt à la guerre avec Froome.» Il s'est inspiré de son ancien coéquipier Vincenzo Nibali, vainqueur ici-même en 2014 avant de remporter le Tour dans la foulée. «J'ai revisionné le film de sa victoire aux Belles Planches en 2014, explique-t-il. J'ai fait comme lui et attaqué à trois kilomètres de la ligne. Le plan a fonctionné.»

Désormais, Aru peut compter sur le soutien de toute son équipe, de l'équipier aux mécanos, dont il s'est attaché le soutien par sa gentillesse et sa classe : l'année dernière, lors de l'étape de repos du Tour à Andorre, il avait donné sa carte bancaire et son code à un membre du staff pour payer, en toute discrétion, le restaurant à la totalité de l'équipe. Un coeur d'or, surtout porté par le regard d'un ange, peut désormais rêver d'une tunique jaune.

Aru

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Le Tour à l'eau gazeuse

C'est trompeur un départ. Ce matin, il faisait super beau au Luxembourg. Romain Bardet se faisait coiffer au village départ par le barbier. Ce qui m'a permis de trouver la bonne blague du jour, en référence (pour ceux qui ne le savent pas) à Bernard Hinault. «Bardet sur les traces du Blaireau». Une vanne que j'ai conservé sans honte pour le journal du lendemain. Pas loin, Poulidor enquillaient les autographes et les photos à une vitesse qui lui aurait permis, 50 ans plus tôt, de porter au moins une fois le maillot jaune sur le Tour.

La journée était donc belle et on avait anticipé la victoire de Démare au sprint. On était bien. Mais Peter Sagan, son coup de folie et son coup de coude, ont tout changé. Déclassement puis expulsion du Tour. Et là, en plein cagnard, les nuages sont arrivés au-dessus de mon chapeau de paille (beaucoup plus élégant que le bob Cochonou ou la casquette Skoda).

Course dans la voiture, direction le Club Med de Vittel où l'équipe de Sagan et celle de Demarre logeaient. Là, le contraste, toujours fort, entre la joie des uns et la rage des autres. Il faut courir partout récuperer des réactions. On stresse, on bouge, on téléphone, on écrit. Bref on vit. Mais il fait chaud. Alors, un truc de fou, de déglingo complet : je décide de commander une eau gazeuse. Oui je sais c'est mon coté provocateur de demander une eau avec des bulles alors qu'on est à Vittel. Rebelle un jour, rebelle toujours.

Et là, le drame : la direction de l'hôtel, affolée par la meute médiatique, décide de fermer le bar à tout le monde. A priori, elle craint que tout ce qui porte une carte de presse se saoule avant d'agresser des vieilles curistes aux cheveux bleus et en peignoir. C'est tellement con que ça ne peut être inventé.

Une heure plus tard, Sagan a fait savoir qu'il ne parlerait pas. Les caméras sont reparties. Le bar a ouvert. J'avais le gosier sec mais j'ai boycotté l'établissement et son quart Perrier à neuf euros. Rancunier un jour... C'était une journée comme une autre sur le Tour.

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05 juillet 2017

Le chauffeur et radio Nostalgie

Il possède le physique du mec à qui on ne tape pas dans le dos sauf à courir très vite après. C'est Laurent, un des chauffeurs du journal sur ce Tour. La première fois qu'il s'est posé à notre table sans se présenter, j'ai failli lui demander de se barrer. Mais, à la vue de son gabarit, je me suis courageusement que c'est moi qui allait me barrer.

Mais Laurent n'est pas qu'un sac de muscles et deux mains posées sur un volant. C'est surtout un ancien mecano d'équipes et un ex-chauffeur de bus de plusieurs formations sur le Tour. Tout le monde le connait et il sait presque tout.

Il regorge d'anecdotes sur les champions. C'est un transistor à bonheur Laurent. Radio Nostalgie du Tour.

chauffeur

On le branche sur un type, ancien vainqueur du Tour et il raconte l'alcoolisme du mec, ivre mort sur certaines courses. Mental de bulot et apôtre du goulot. Un indice : il pourrait écouter Radio Luxembourg.

Il dit ensuite combien un autre gagnant de la Grande Boucle est un radin fini, capable de ne pas offrir, pour son anniversaire, une seule bouteille aux membres de l'équipe comme le réclame la tradition. Ou juste le savoir-vivre.

Il ne se plaint pas Laurent. Il a même les yeux qui brillent quand il rappelle que Peter Sagan, le type à l'humour trash dont j'ai parlé un peu plus tôt dans ce blog (allez voir plus bas), lui a fait envoyer à domicile un de ses maillots de champion du monde. Parce qu'il sait Laurent que les grandes gueules cachent souvent un joli coeur derrière un excès de bruit.

Il y a juste un truc qui ne lui plait pas à Laurent. C'est quand on évoque le dopage. Là, il crispe les machoires et lance le regard qui donne envie de courir très vite tout de suite.

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