Il possède le physique du mec à qui on ne tape pas dans le dos sauf à courir très vite après. C'est Laurent, un des chauffeurs du journal sur ce Tour. La première fois qu'il s'est posé à notre table sans se présenter, j'ai failli lui demander de se barrer. Mais, à la vue de son gabarit, je me suis courageusement que c'est moi qui allait me barrer.

Mais Laurent n'est pas qu'un sac de muscles et deux mains posées sur un volant. C'est surtout un ancien mecano d'équipes et un ex-chauffeur de bus de plusieurs formations sur le Tour. Tout le monde le connait et il sait presque tout.

Il regorge d'anecdotes sur les champions. C'est un transistor à bonheur Laurent. Radio Nostalgie du Tour.

chauffeur

On le branche sur un type, ancien vainqueur du Tour et il raconte l'alcoolisme du mec, ivre mort sur certaines courses. Mental de bulot et apôtre du goulot. Un indice : il pourrait écouter Radio Luxembourg.

Il dit ensuite combien un autre gagnant de la Grande Boucle est un radin fini, capable de ne pas offrir, pour son anniversaire, une seule bouteille aux membres de l'équipe comme le réclame la tradition. Ou juste le savoir-vivre.

Il ne se plaint pas Laurent. Il a même les yeux qui brillent quand il rappelle que Peter Sagan, le type à l'humour trash dont j'ai parlé un peu plus tôt dans ce blog (allez voir plus bas), lui a fait envoyer à domicile un de ses maillots de champion du monde. Parce qu'il sait Laurent que les grandes gueules cachent souvent un joli coeur derrière un excès de bruit.

Il y a juste un truc qui ne lui plait pas à Laurent. C'est quand on évoque le dopage. Là, il crispe les machoires et lance le regard qui donne envie de courir très vite tout de suite.